Ecole des HEC-DEEP
Thèse de doctorat en Sciences Economiques mention "économie
politique"
Damjan KOZAMERNIK
Employment Risk, Unemployment Insurance and Search Strategies: a Disaggregated
Equilibrium Approach with Application to the Swiss Labor Market in the 1990-ies
Directeur : Jean-Pierre Danthine
Imprimatur : novembre 2006
Abstract
This thesis implements an equilibrium model of labor market search to analyze
the Swiss labor market scene in the 1990-es. It examines, in particular, to
what extent the sizeable movements in the Swiss unemployment rate were due to
the recession shock, the unemployment insurance (UI) reforms or to the interactions
of both. The model inspires from previous work in Lucas and Prescott (1974),
Wright (1986) and Andolfatto and Gomme (1996). It involves computing optimal
search strategies of heterogenous agents (endogenous search effort, registration
with the UI, and job offer acceptance) in an environment of employment risk
and a detailed UI setting. The model simulations show, first, that the structural
shocks and the UI reforms both account for one third of the total increase in
registered unemployment, while the interactions between them account for the
remaining third. The ILO unemployment rate, however, is affected by structural
shocks twice as much as by the UI reforms. Second, the effects of the UI on
search may be quite diverse and therefore cannot be represented by a single
parameter. Indeed, the wage replacement rate acts as a subsidy for a more intensive
searching, while the benefit duration stimulates the unemployed to non-search
activities such as the home production. Interesting enough, in not uncommon
cases gains in search efficiency can more than offset the impact of moral hazard
so that setting up an UI potentially reduces unemployment. Finally, endogenous
adjustments in search strategies generate huge composition effects in aggregates.
For example, unemployment rate of low-qualified is often a multiple of one of
highly-productive workers, even when subject to the same risk structure.
Résumé
Dans cette thèse nous analysons la situation du marché du travail
en Suisse à l'aide d'un modèle d'équilibre de recherche
de travail. L'étude vise notamment à déterminer la part
de l'augmentation du chômage attribuable (1.) au ralentissement économique,
(2.) aux réformes de l'assurance chômage (AC), enfin (3.) à
l'interaction de ces deux éléments. Le modèle que nous
utilisons s'inspire de ceux précédemment présentés
par Lucas et Prescott (1974), Wright (1986) et Andolfatto & Gomme (1996).
Il se fonde sur les stratégies optimales de recherche d'emploi des agents
hétérogènes (effort de recherche, inscription à
l'assurance chômage, acceptation d'offres de travail) dans une économie
présentant différentes structures de risque d'emploi et d'AC.
Les résultats montrent, dans un premier temps, que le ralentissement
économique et les réformes de l'AC ont chacun été
responsables pour un tiers environ dans l'augmentation du chômage enregistrée
au cours des années nonante, alors que les interactions entre ces deux
éléments ont généré le tiers restant. Cependant,
si l'on s'en tient à la définition du Bureau International du
Travail, le nombre de chômeurs a été deux fois plus fortement
affecté par le ralentissement économique que par l'AC. Dans un
second temps, le travail examine la multiplicité des paramètres
dont il convient de tenir compte pour la mise au jour des effets de l'AC. De
fait, un taux de remplacement plus élevé peut agir comme subside
à l'intensification de la recherche de travail, car il augmente la valeur
de cette dernière par rapport aux activités alternatives. Un rallongement
de la durée des prestations, au contraire, incite les chômeurs
à consacrer plus de temps à des activités autres que la
recherche d'emploi, ce qui engendre du hasard moral. Dans certains cas, l'AC
peut générer des incitations à la recherche d'emploi qui
l'emportent sur les effets du hasard moral et peut ainsi générer
une réduction du chômage. Finalement, l'hétérogénéité
des stratégies de recherche d'emploi produit des effets endogènes
quantitativement très importants sur la composition des agrégats
du marché du travail. Par exemple, la proportion des chômeurs peu
qualifiés peut être plusieurs fois supérieure à celle
des chercheurs d'emploi qualifiés, même si les deux types sont
sujets au même environnement économique.