Ecole des HEC-DEEP
Thèse de doctorat en Sciences Economiques mention "économie
politique"
Mario JAMETTI
Three Essays in Applied Economics
Directeur : Thomas von Ungern-Sternberg
Imprimatur : juin 2004
Résumé
La thèse traite trois sujets en économie appliquée.
Le premier chapitre analyse le marché de l'assurance immobilière en Suisse. En particulier, nous nous concentrons sur l'efficacité en coûts des entreprises. Moyennant un modèle économétrique d'erreurs de mesure, nous estimons les relations entre le niveau des primes et le niveau des dommages pour les monopoles cantonaux (qui opèrent dans 19 cantons). Ces estimations permettent une comparaison avec les niveaux de coûts des entreprises privées (opérant dans les 7 autres cantons). Nous trouvons que les monopoles cantonaux sont environ 20% plus efficaces en coûts que les assureurs privés. Cette différence s'explique principalement par des coûts administratifs (commissions) plus bas.
Le deuxième chapitre utilise un modèle théorique du système d'assurance de "catastrophe naturelle" en France afin de montrer que des défaillances dans le cadre institutionnel, telles que la possibilité des assureurs privés de se réassurer auprès du réassureur public et le payement d'une commission pour frais d'administration aux assureurs, impliquent une faible position de la compagnie de réassurance publique dans le système. Ce modèle permet d'expliquer le besoin de refinancement de la compagnie de réassurance et montre qu'une hausse des primes est une solution couteûse pour le consommateur final (le contribuable).
Le troisième chapitre s'intéresse aux externalités fiscales se produisant si plusieurs niveaux d'autorités fiscales (municipalités et cantons) lèvent des impôts sur les mêmes facteurs. La théorie définit deux types d'externalités: horizontales, amenant à des impôts socialement trop bas; et verticales, conduisant à des impôts socialement trop élevés. Le chapitre propose un test afin de distinguer entre les différentes externalités qui est basé sur la taille relative de la municipalité par rapport au canton. Nous appliquons le test à une base de données suisse. Nous trouvons qu'une taille relativement plus petite d'une municipalité réduit le niveau des impôts municipaux. Ce résultat est influencé principalement par des autorités fiscales plus inclinées à un comportement de maximisation des revenus fiscaux.